#Pouvoirdachat

Mot de la Députée : les annonces du président de la République

Après un mois de mobilisation des Gilets jaunes, le président de la République s’est exprimé lundi 10 décembre. Depuis, certains considèrent que c'est trop tard, d'autres que les annonces faites ne sont pas à la hauteur.

L'annonce sur la CSG des retraités est une correction bienvenue,  mais 5,5 millions des retraités percevant plus de 2 000 euros par mois continueront de subir la hausse de la CSG. Nous avions proposé de ne pas l'appliquer, si elle devait être maintenue, pour les pensions inférieures à 3 000 euros.

La hausse du pouvoir d'achat de 100 euros pour un équivalent SMIC doit être expliquée dans son mécanisme.  Par quel biais cette hausse se fera-t-elle ? Ce montant est-il net ou brut ? La revalorisation annuelle à hauteur de l’inflation est-elle comprise dans ces 100 euros ? Les salaires proches du SMIC seront-ils concernés et à quel niveau ? 

La défiscalisation des heures supplémentaires fait incontestablement plaisir et aux entreprises et aux salariés. Mais, une limitation du nombre d'heures ainsi défiscalisées devrait être prévue. Il faut en atténuer les effets négatifs pour l'emploi et son coût très élevé, que le contribuable paie au final. 

Enfin, qui financera ces mesures ? Le rétablissement de l'impôt sur la fortune aurait été un levier utile, parce qu'il facilite le consentement à l'impôt de tous, parce qu'il représente une enveloppe de plus de 4 milliards d'euros. D'ailleurs, le montant attendu de cet impôt pour les prochains exercices aurait été en nette augmentation pour atteindre 7 à 8 milliards d'euros, selon des éonomistes reconnus. 

 Enfin, la consultation nationale annoncée au cours du premier trimestre 2019 répond à une exigence citoyenne que je salue - et qui devrait d'ailleurs précéder tout  programme électoral proposé dans le cadre d'une campagne présidentielle -.

Cette consultation ne peut être une réponse à une crise majeure, elle doit  s'inscrire dans la durée et inspirer les travaux parlementaires, tout au long du mandat. Ce sont des ateliers législatifs,  des conseils citoyens, faisant du citoyen un électeur et un contrôleur qui doivent être proposés un peu partout en France.

Si ce mouvement des Gilets jaunes impose une réponse sur le pouvoir d'achat, il met en avant aussi l'urgence d'une réflexion poussée sur nos institutions et sur le rôle propre du député,  garant de l'expression citoyenne tant au niveau local que national.