#DirectAN

Surveillants pénitentiaires: ma question à la ministre de la Justice

Madame la Ministre de la justice, garde des Sceaux,

J’associe Joaquim Pueyo qui se rend à Condé-sur-Sarthe pour rencontrer les agents.

La colère des surveillants s’exprime ce matin dans plus d’un établissement pénitentiaire sur deux, moins de vingt-quatre heures après l’attaque de deux surveillants pénitentiaires grièvement blessés à Condé-sur-Sarthe. Nous voulons ici rendre hommage au courage et au dévouement de ces deux surveillants. Nous voudrions aussi exprimer notre sympathie et notre solidarité à leur famille.

Nous savons que le risque zéro n’existe pas, mais tout drame doit conduire à revisiter les procédures existantes et leur juste application, sans pour autant s’engager dans une loi de circonstances. Les enjeux de la radicalisation et de la surpopulation carcérale sont posés depuis plusieurs années. C’est ainsi qu’en juin 2016, un séminaire national avait abouti à la nécessaire classification des établissements pénitentiaires, avec l’objectif d’adapter les effectifs à la population pénale accueillie. Ces effectifs devaient être complétés par la constitution d’équipes de sécurité pénitentiaire, au service des établissements les plus sensibles. Qu’en est-il de ces orientations ? La présente et brulante question de la fouille des visiteurs nous semble devoir être impérativement examinée dans ce cadre.

Par ailleurs, la question des moyens de l’administration pénitentiaire est centrale. Nous l’avons rappelé à maintes reprises lors du débat sur la « loi justice », avec un surveillant pour 2,5 détenus, la France a l’un des plus mauvais taux d’encadrement d’Europe. Si la loi de finances pour 2019 a prévu la création de 400 postes, il y aurait aujourd’hui 2500 postes vacants. Ces postes vacants disent beaucoup, et des risques encourus par les surveillants, et de la nécessaire poursuite de la revalorisation salariale et statutaire. Qu’en est-il de l’aboutissement des négociations syndicales Madame la Ministre ?