#THD

Comment remédier au retard pris par le département sur le très haut débit ?

A la demande de l’entreprise "Puget mécanique" implantée à Condal, et en accord avec Madame Pascaline Boulay, Sous-préfète de Louhans, et de Monsieur Jean-Louis Desbordes, maire de Condal, j'ai organisé une réunion relative à l’installation du très haut débit, vecteur indispensable de développement pour cette entreprise.

Cette société, qui a investi plus de trois millions d’euros au cours des trois dernières années et qui emploie 22 salariés et 3 apprentis, est spécialisée dans la fabrication de pièces destinées à l’aéronautique, notamment pour Airbus. 

L’entreprise dispose aujourd’hui d'un débit descendant (flux de données internet reçu sur la ligne) de six mégabits/seconde et d'un débit montant (flux de données envoyé depuis la ligne) compris entre six et huit mégabits/seconde. En résumé, plus les débits (descendant et montant) sont élevés, plus la connexion internet sera rapide.

Actuellement, les débits dont dispose l'entreprise ne sont pas du tout adaptés à ses besoins. En effet, le transfert de plans en haute définition, les visioconférences de plus en plus fréquentes, la sauvegarde de données, obligatoire pendant 25 ans, sont des pratiques de plus en plus gourmandes en débit.

Dans le cadre du plan France Très Haut Débit, l'entreprise Covage (opérateur d’infrastructures neutre et indépendant), a été sélectionnée par le département de Saône-et-Loire afin de procéder au déploiement du très haut débit et passé une convention avec l’État pour la mise en œuvre de ce service. Toutefois, le Conseil départemental nous indique que ce déploiement ne se fera, dans le meilleur des cas, que d'ici 2023. Nous avons appris lors de cette réunion que le comité de suivi du déploiement de la fibre en Saône-et-Loire, placé sous l’autorité du Président du conseil départemental et de l’État, a choisi de privilégier les secteurs de Digoin, Charolles, Crèches-sur-Saône et Saint-Amour-Bellevue, tous situés à l’ouest dans un territoire cher au président du conseil départemental. Pourquoi pas, mais faut-il encore que le déploiement du numérique puisse se faire à un même rythme partout en Saône-et-Loire et je ne vois pas la Bresse attendre 2023, l’offre d’un très haut débit essentiel au développement des entreprises et à l’attractivité de ce territoire. 

Face à ce constat, le Conseil régional, qui accompagne l'ensemble des départements dans ce processus, est heureusement en mesure de proposer une solution alternative validée par l’ARCEP :  le R-Cube (très haut débit par ondes radios). Pour les particuliers, le débit descendant peut atteindre 30 mégabits/seconde et 10 mégabits/seconde en débit ascendant. Tous les départements, à l’exception de la Saône-et-Loire ont fait savoir auprès de la Région, les secteurs sensibles dans lesquels une alternative devait être recherchée dans l’attente du Très Haut Débit. Cette réunion a permis de pallier ce manque et proposer une solution, qui je l’espère, sera utile à cette entreprise comme à d’autres en Saône-et-Loire. 

Pour les entreprises, le R- cube est boosté, c'est ce que que l'on appelle techniquement la FFT-Bom. Il est alors possible d’obtenir 100 mégabits/seconde en débit ascendant et descendant pour un abonnement d’environ 150 euros par mois. A noter qu’il faut compter un délai d’un mois pour l’installation, laquelle est prise en charge entièrement par la Région. Un tarif mensuel à 30 euros garantit l’obtention de 30 mégabits/seconde, ce qui est déjà très supérieur à la moyenne départementale.

Cette solution sera donc à l’étude pour l'entreprise Puget, dans l'attente d'un déploiement efficace du très haut débit.

Je tiens ici à remercier Jean-Louis Desbordes, maire de Condal, Frédéric Martin, Directeur des relations avec les collectivités locales d'Orange; Jean Luc Porte, Directeur de Grand Chalon Networks (délégataire de service public) et salarié de Covage; Jérôme Durain, sénateur et conseiller régional ainsi que Philippe Rouiller, responsable du service numérique à la Région, pour la qualité de cette réunion. Celle-ci a été suivie d’une visite de l’entreprise Puget, un des fleurons de la production dans le domaine de la mécanique et de l’intelligence artificielle, en Bresse.