#49.3

Le mot de la Députée

Je regrette le recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites. Certes, ce dispositif est dans la Constitution et à la main du Gouvernement. Mais, au regard d’une réforme d’une telle ampleur, une réforme qui concerne le quotidien de millions de citoyens et encadre leur avenir après le travail, il importait de réserver un peu plus de deux semaines à ce chantier immense, d’autant plus qu’aucune urgence ne s'attachait à un examen accéléré d’un texte dont le début d’application est prévue en 2022. Le 49-3 met un terme à un débat sur un projet de loi qui n’aura été voté, ni en commission spéciale, ni dans l’hémicycle. La multiplication des amendements de LFI, destinée à obtenir du temps de parole pour les députés et faire valoir ainsi leur opposition, a certes compliqué le débat, mais elle ne peut justifier un tel recours. Le respect de l’agenda parlementaire et la suspension des deux semaines avant les élections municipales, ne sont pas non plus des motifs opérants. Certes, je me suis toujours élevée contre les techniques d’obstruction , parce qu’elles ne servent pas l’Assemblée nationale, mais je m’élève tout autant contre des projets de loi qui ne remplissent pas les exigences de qualité, de précision et d’exhaustivité que le législateur est en droit d’attendre. Désormais, c’est devant le Conseil Constitutionnel que nous devrons défendre l’intérêt général.