Réunion de travail avec les acteurs de la filière plastique

Une réunion s'est tenue à Saint-Germain-du-Plain, sur le site industriel de Poétic, ce jeudi 20 février Cette rencontre s'inscrit dans la suite d'une réflexion engagée depuis 2018 avec les professionnels de la filière plasturgie, particulièrement actifs et reconnus pour la qualité de leur travail. A cette occasion, il avait été convenu d'échanger plus avant sur la mutation du secteur.

Je tiens à remercier Monsieur Bouillard pour sa précieuse collaboration et son accueil au sein de son entreprise, ainsi que ses employés qui nous ont aimablement fait visiter l’usine après la réunion de travail. Je remercie également tous les participants à la rencontre, professionnels du secteur comme institutionnels, qui ont permis de rendre les échanges très fructueux.

Etaient présents: Antoine Bouillard président du groupe ANVI, Jean Scandella et Sébastien Morey, respectivement directeur région et directeur d’usine de PRC Superfos, Antoine Thonnelier, directeur commercial de Polieco France, Carole Simonin, Directrice RH d’Albéa, Sylvia Blond, directrice de Paprec Plastique 71, Didier Briez, directeur de Régéplastic et François Gueneron, directeur général de Véolia Propreté en France. L’objectif était de réunir les industriels à la fois de la fabrication et du recyclage.

Les institutionnels se sont aussi déplacés en nombre afin d’échanger avec les industriels.

Je tiens d'ailleurs à souligner la venue exceptionnelle d'un haut fonctionnaire de Bercy, Rémi Lantreibecq, Directeur de projet "Économie circulaire" au sein du service de l'industrie de la direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l’Economie et des finances. Cette méthode de travail, inédite, permettant de travailler concrètement avec l'administration centrale, au côté du député, des institutionnels et des industriels, doit être développée.

Nous ont accompagnés dans cette réflexion: Alain Doulé, maire de Saint-Germain du Plain,  Jean-Yves Hinterlang, Commissaire aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises à la DIRECCTE, Blandine Aubert, directrice régionale ADEME, Francine Chopard et Pierre Grosset, conseillers régionaux, Anne-Gaelle Arbez, coordinatrice agence économique régionale, Sandra Louis, déléguée régionale du syndicat Allizé-plasturgie, Thierry Charles, Directeur des Affaires Juridiques et Emploi Formation Allizé et Benoît Dorsemaine, délégué général.

La rencontre a duré plus de trois heures, très technique et très documentée par les entreprises du recyclage comme de la fabrication. Je remercie très sincèrement  l’ensemble des participants.

Les quelques points de mon propos introductif :

L'objectif de cette réunion est de recueillir le point de vue des professionnels de la filière et des institutionnels afin d’échanger sur les perspectives envisageables pour le secteur de la plasturgie. En effet, les récentes évolutions législatives relatives au plastique mettent en avant les considérations écologiques de plus en plus prégnantes et le droit se met en phase avec la société. Ce qui implique une profonde mutation de la filière.

Les principes d’écoconception et déconomie circulaire remettent en question le modèle économique actuel. Sont touchées concrètement, les questions de fabrication, transformation, de recyclage, de valorisation des déchets.

Je ferai quatre remarques :

1-Des dispositions normatives ont été prises en nombre ces dernières années : la loi de transition énergétique en 2015, la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages en 2016, la loi Egalim en 2018, et la loi relative à la lutte contre le gaspillage et économie circulaire de 2020. A cela s’ajoute les normes européennes et notamment la directive relative à la réduction de l'incidence sur l'environnement de certains produits en plastique du 5 juin 2019, dont la transposition est permise par la loi anti-gaspillage de 2020.

 Les objectifs de se diriger vers une économie circulaire, réduire l’impact environnemental, tendre vers le 100% de plastiques recyclés en 2025 et sortir complètement du plastique jetable d’ici 2040 sont clairs.

2-Cependant, les dispositions demeurent complexes. La multiplication des lois, le chevauchement de la législation française et européenne ainsi que la progressivité différenciée des échéances de l’interdiction du plastique à usage unique et des autres mesures, provoque un manque certain de lisibilité de larsenal législatif et réglementaire.

3-Les dispositions législatives n'interrogent pas toujours de manière satisfaisante la préservation de la biodiversité. Nous devons parler de développement durable et nous assurer, au préalable, du caractère de développement durable des solutions alternatives proposées.

 Des amendements déposés de manière imprévisible sans garantir quune proposition alternative était possible et de nature à préserver la biodiversité, ont été votés dans le cadre de ces lois, obéissant à une logique de surenchère préjudiciable à la protection de lenvironnement comme aux entreprise.

4-Il est indispensable d’accompagner les industriels, acteurs volontaires, dans la transition du modèle économique. Il est nécessaire de leur apporter davantage de visibilité sur le long terme afin d’effectuer les bons investissements et de les amortir, toujours pour tendre vers une logique écologique.

Pour plus de précisions, je vous invite à prendre connaissance du compte-rendu sommaire de la réunion.

Conclusion

Les industriels de la filière sont tout à fait ouverts aux différentes évolutions proposées pour tendre vers une économie circulaire et l’écoconception, mais ils font face à plusieurs difficultés :

  • La temporalité : le temps législatif court versus le temps long de l’industriel (investissements et amortissements, …), ce qui nécessiterait la mise en place d’un moratoire sur certains sujets, en particulier en ce qui concerne le contenant alimentaire.
  • La capacité des industriels à absorber les normes
  • L’insuffisance des incitations au recyclage
  • Le problème du plastique alimentaire et des solutions alternatives qui n’existent pas pour le moment.
  • La nécessité d’une communication plus positive et nuancée sur la filière plasturgie et d’une meilleure information au consommateur.
  • Le manque de concertation entre les acteurs et l’administration centrale : nécessité de créer un lien pour faire remonter les réalités de terrain.

Le manque d’études d’impact environnemental en proposition de produits alternatifs.

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