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29ème Atelier Législatif Citoyen sur le thème du "gaspillage alimentaire"

Le 29ème Atelier Législatif Citoyen sur le thème du gaspillage alimentaire, s’est tenu lundi dernier à Chalon-sur-Saône, en présence du député de la Mayenne et ancien ministre, Guillaume GAROT.

Le constat aujourd’hui en France et dans le monde est alarmant :

  • Dix millions de tonnes de produits par an sont gaspillés en France, représentant une valeur de 16 milliards d’euros.
  • Un tiers de la production alimentaire mondiale est gaspillé.

Le gaspillage alimentaire intervient tout au long de la chaîne alimentaire : la production, la transformation, la distribution et la consommation. Dans les pays développés, c’est à l’étape de la consommation que les pertes sont les plus importantes, celles-ci représentant 30 kilogrammes par personne et par an dont sept kilogrammes de déchets alimentaires non consommés encore emballés. A l’inverse dans les pays en voie de développement, les pertes interviennent davantage au niveau de la phase de production, de transformation et de distribution. En cause, les problèmes de stockage et de transport, notamment.

Les enjeux du gaspillage alimentaire sont multiples :

  • l’enjeu économique: le gaspillage alimentaire est une perte inutile pour le pouvoir d’achat des ménages. Par ailleurs, les pertes entraînent des coûts de gestion de déchets, qui pourraient être évités.
  • l’enjeu éthique : les ressources naturelles (eau, terres cultivables) de la planète, bien commun de l’humanité, sont prélevées inutilement pour un produit final qui ne nourrira pas l’homme. Qui plus est, les émissions de gaz à effet de serre, notamment au moment du transport, pourraient être fortement réduites. Enfin, comment peut-on continuer à gaspiller l’alimentation alors que les populations en Afrique et en Asie de l’Ouest notamment, sont victimes de sous-nutrition.
  • l’enjeu philosophique : certes, « les choix sont globaux, mais la réponse est individuelle ». Il s’agit de trouver du sens par notre action personnelle et c’est l’agglomération des actions personnelles qui créera une réponse globale citoyenne.

C’est pour répondre à cette problématique que de nombreuses initiatives et dispositions législatives voient le jour depuis quelques années.

La loi Garot de 2016, relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire a instauré deux mesures principales concernant les distributeurs de produits alimentaires :

  • l’obligation, pour les magasins alimentaires de plus de 400 m2 de proposer une convention de don à des associations pour la reprise de leurs invendus alimentaires encore consommables.
  • l’interdiction, pour les distributeurs alimentaires, de rendre impropres à la consommation des invendus encore consommables.

La loi a également introduit une hiérarchie des actions à mener en donnant d’abord la priorité à la prévention, puis aux débouchés en alimentation humaine par le don ou la transformation pour ensuite se tourner vers la valorisation en alimentation animale et énergétique. Enfin, la destruction sera considérée en derniers recours.

Ce texte, pionnier en Europe et dans le monde, a fait suite au pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire et à la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015. Elle a été ensuite complétée par la loi EGALIM en 2018 et la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire de 2020.

Il ressort de cette nouvelle législation, toute la prise de conscience et la mise en action pour pallier le problème du gaspillage alimentaire, ce qui représente une avancée majeure et positive, bien que les efforts législatifs et comportementaux doivent être poursuivis sur cette lancée.

Quelles sont les perspectives d’améliorations ?

  • La sensibilisation dès l’école: la lutte contre les pertes alimentaires est transversale et l’éducation nationale, en ce sens, est un partenaire majeur car ce sont les générations de demain qui devront être force de proposition. D’autant plus, l’alimentation concerne, plus largement, de nombreuses problématiques et se fait par exemple le sujet miroir des inégalités sociales et de la protection de l’environnement.
  • L’information du consommateur : La confusion demeure encore chez le consommateur, notamment au sujet des dates de péremption et des dates limite de consommation, ce qui nécessite un besoin de clarification. Le député Garot a proposé à cet égard de faire évoluer les dates et d’allonger la liste des produits ne nécessitant pas de date limite, comme les produits d’épicerie.
  • La mobilisation des territoires : la mobilisation des acteurs locaux autour d’un projet, tels que les « projets alimentaires territoriaux » permet de décliner sur le territoire des initiatives en cohérence avec les évolutions législatives et d’agir concrètement.